Jade from Paris: Une question de clémence envers soi-même

dimanche 11 décembre 2016

Une question de clémence envers soi-même

Ah, la confiance en soi... C'est un sujet sur lequel je pourrai écrire des lignes et des lignes, alors qu'en parler de vive voix me met très mal à l'aise. J'ai pour habitude de rougir, de bafouiller et surtout de répondre à chaque remarque gentille et attentionnée une phrase qui commence par "Non mais...". Variante : "C'est bon, je vais me débrouiller...". Parce qu'en plus d'un manque de confiance en moi, j'ai une très grande exigence envers moi-même, due à mon éducation et à d'autres trucs survenus dans ma vie. Du coup, j'ai souvent tendance à me descendre toute seule, à faire mon auto-critique ou à complètement transformer un raté en Everest. Par exemple, quand j'ai démissionné de mon tout premier CDI parce que mon travail ne me convenait pas du tout, j'ai qualifié ça d'"échec personnel". J'ai beaucoup pleuré, j'ai culpabilisé alors que personne ne m'en voulait d'avoir quitté un boulot à la chaîne (et qui commençait à me rendre zinzin). Mais le mal était fait : j'avais l'impression d'avoir raté mes débuts dans la vie active, de ne pas être faite pour le monde du travail... Même si je pouvais compter sur le soutien de certains proches, je ne retenais que le peu de remarques négatives qui me confortaient dans mon auto-flagellation.

Au quotidien, ça se traduit par beaucoup de stress : le stress de mal faire, le stress d'être mal vue ou encore le stress de décevoir. Et en fait, au cours d'une soirée organisée par Signal sur le thème du sourire et du bien-être, je me suis rendue compte que l'image que j'avais de moi-même n'était pas du tout celle qu'avaient les gens qui m'entourent. Lors d'un exercice sur les compliments, on m'a par exemple dit (coucou Anne) que j'étais drôle, alors que j'ai l'impression de ne pas l'être plus que ça. On m'a dit que j'étais généreuse aussi, alors que j'ai très souvent entendu le contraire. Et que j'étais attachante, alors que j'ai toujours peur que les gens s'éloignent de moi car je ne suis pas à la hauteur. Du coup, j'ai un peu pleuré à cause du choc mais aussi parce que j'ai beaucoup de mal à accepter les compliments. Et puis je m'en suis voulue d'avoir versé quelques larmes devant des gens que j'avais sûrement mis mal à l'aise. 

Tout ça pour dire quoi ? Que j'ai enfin réalisé (après 27 ans !) que je devais lâcher du lest et arrêter de m'auto-flageller à la moindre faille, et qu'à force de trop en demander à ma tête et à mon corps je ne profitais de rien, tout en ressassant sans cesse des instants désagréables. Bref, vivre l'instant présent et ne plus stresser pour l'avenir... ni pour des faits révolus. 

Ce soir-là, Signal nous a aussi offert un portrait au mythique Studio Harcourt à Paris. J'ai eu du mal à me reconnaître en voyant le résultat, je n'ai pas ce sourire gêné, bouche fermé, que j'ai souvent sur les photos. Et si j'ai d'abord tiqué sur mes petites rides au coin des yeux, j'ai finalement aimé ce portrait pour d'autres raisons : le jeu de lumière, mes fossettes, ma robe Benetton chérie. Et c'est déjà un bon début, non ? 



Encore merci à Kalioshka et Signal pour cette soirée mais aussi à Olivia, blogueuse et coach en mieux-être qui m'a fait réaliser tout plein de choses en une petite heure. Gracias. 
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