Jade from Paris: Polars forever

jeudi 10 juin 2010

Polars forever


Hiver arctique, Arnaldur Indridason
J'attendais avec impatience la suite des aventures du commissaire Erlendur en version de poche, au point que j'ai abandonné mon livre du moment pour me plonger dedans. Ici, point d'effet Cold Case dans les heures les plus sombres de l'Islande mais un fait divers dénonçant un des problèmes croissants que connaît l'île. Un enfant d'origine thaïlandaise est retrouvé mort, poignardé en bas de son immeuble dans un quartier défavorisé. Le meurtre s'est passé en plein jour alors qu'Elias revenait de l'école mais personne n'a rien vu. La police pense de suite à un crime raciste, dans un quartier où immigrés asiatiques et islandais pure souche entretiennent parfois des relations difficiles. Qui, entre professeurs, élèves ou extrémistes, voulait du mal à cet enfant? Au même moment, Erlendur enquête sur la disparition d'une femme, apparemment dépressive. Son mari n'a aucune nouvelle d'elle et semble inquiet, mais difficile de démêler le vrai du faux lorsque maîtresses et conflits entrent dans la danse... Les fans de la saga Erlendur seront ravis de retrouver les protagonistes et cette Islande si triste et mystérieuse. Difficile pour moi ne pas m'intéresser au sujet principal, ayant au quotidien la possibilité de jauger les conditions de vie des immigrés asiatiques (non, je ne parle pas de moi). L'enquête est entêtante, au point qu'on ne peut refermer le livre avant le dénouement final. Je suis ressortie du livre dépitée (dans le bon sens du terme) et contente de ce dernier opus. C'est un supplice de devoir attendre un an la parution en poche de Hypothermie, suite des aventures. D'ailleurs, pour tous ceux qui souhaiteraient se lancer dans les bouquins d'Arnaldur Indridason, je vous conseille vraiment de commencer par le tout premier roman, alias la Cité des Jarres. Les récits étant chronologiques, ce sera beaucoup plus facile pour comprendre et suivre l'évolution des personnages principaux.


Enfant 44, Tom Rob Smith
Voici un bon polar avec l'Union Soviétique en toile de fond. MGB, famines, délations: les adeptes de cette époque seront ravis! Leo est haut placé dans la police d'Etat et voit en l'idéologie socialo-communiste une véritable solution pour la Russie. Pour cette raison, la découverte du corps d'un petit garçon près d'un chemin de fer à Moscou est vite classée comme un accident: en Union Soviétique, le crime et les assassins n'existent pas. Seulement, exilés dans l'Oural avec sa femme accusée d'espionnage, il découvre que des corps d'enfants ont également été retrouvés dans cette région. Tous présentent le même mode opératoire et Leo doit maintenant se rendre à l'évidence: un tueur nomade abandonne des corps sans vie dans chaque ville où il se rend. Le nombre de victimes s'élève à 44, le dernier en date dont on ait connaissance étant le petit garçon des chemins de fer moscovites... J'ai suivi avec délectation et stress les aventures de Leo et de son épouse Raïssa, anciens membres du parti respectés et maintenant traités comme des pestiférés. De Moscou à Voualsk, on voyage dans une Russie enneigée, où tout geste est enregistré ou dénoncé aux instances supérieures. Terres gelées, solidarité dans les kolkhozes et rejet des autorités militaires, Tom Rob Smith laisse tout de même apparaître un peu d'espoir, même si beaucoup de passages sont très romancés et grandement improbables. Quelle dommage que le dénouement final soit si décevant et tiré par les cheveux... Difficile de ne pas en être estomaqué après un tel suspens tout au long des premières 400 pages. Un second roman sur l'URSS (suite ou non?), Kolyma, paraîtra bientôt en poche et j'ai tout de même hâte de voir ça!


Level 26, Anthony E. Zuiker
Le producteur des Experts a frappé fort avec ce premier roman, à mi-chemin entre l'oeuvre de Mo Hayder et de Steve Mosby. Sqweegel est un criminel de niveau 26, avec des degrés de perversité et de sang froid jamais atteints auparavant. Son credo: se terrer, espionner, torturer et tuer selon des critères qui lui sont chers. Cette fois, il a décidé de suivre une comptine pour enfant, à la manière des Cinq petits cochons d'Agatha Christie, mobilisant une police désespérée. Seul un homme peut tenter d'arrêter Sqweegel, il s'appelle Steve Dark et a déjà failli arrêter le tueur en série, avant de partir en retraite anticipée après le massacre de sa famille par ce dernier. Aujourd'hui, Dark vit à Malibu avec sa femme et va bientôt être père, mais il va devoir reprendre du service, qu'il le veuille ou non. Parce que Sqweegel le traque et veut maintenant détruire ce qu'il a de plus cher... Moins gore que les romans de Mo Hayder, plus trash que les romans de Steve Mosby, on lit ce bouquin d'une traite grâce à ses très courts chapitres et le passage constant du point de vue du tueur à celui des victimes et des policiers. Anthony E. Zuiker dresse alors un portrait de l'Amérique où la présence d'un criminel de cet acabit est aussi traumatisante que les évènements du 11 septembre. Entre enjeux personnels et politiques, le roman ne s'arrête donc pas à de simples crimes mais tente de décrire les rouages du pouvoir, mais je trouve que Shane Stevens y parvient avec plus de brillo. En ce qui concerne la possibilité de procéder à une lecture interactive (via le site officiel) ,je n'ai visionné que la dernière vidéo disponible, histoire de savoir s'il fallait s'attendre à une suite. J'ai préféré me concentrer sur le livre uniquement de peur d'être déçue en comparant personnages imaginés dans ma tête et personnages joués par des acteurs. Bon, ça n'a pas loupé au final mais je sais au moins qu'il y aura un prochain roman traitant de Sqweegel! Il sortira en automne aux Etats-Unis sous le petit nom de Dark Prophecy.


La Princesse des Glaces, Camilla Läckberg
Alors là, je crie haut et fort à l'arnaque! Non mais comment les librairies peuvent-ils mettre en avant un polar aussi mauvais? Avec leurs bêtises, l'auteur en a écrit 3 autres d'un coup depuis: 2012 est proche, c'est moi qui vous le dit. Le village de Fjällbacka en Suède est sous le choc après la mort d'Alexandra Wijkner, retrouvée les veines coupées dans la baignoire de sa maison où elle se rendait chaque week-end. On l'aurait suicidée, et Erica Falck, ancienne camarade de classe d'Alexandra se voit très vite dans l'obligation de trouver le coupable, poussée par la famille de la jeune femme. Entre les riches entrepreneurs Lorentz, l'artiste dépressif Anders, le charmant policier Patrik et le pêcheur Dan, il faut maintenant découvrir qui fréquentait Alexandra et avait des raisons de lui en vouloir. Ou comment 382 pages peuvent vous faire perdre votre temps, accessoirement. Ce huit-clos peu intéressant et mal traduit (ça vrille les yeux) est cousu de fil blanc, au point de connaître la solution à la moitié du bouquin. Pire encore: l'auteur utilise la même technique de suspense plusieurs fois tout au long du roman, et quelle technique! Celle-ci consiste en découvrir une information cruciale, dire que le personnage est bouleversé, terminer le paragraphe et passer à quelque chose de totalement différent, avant de dévoiler l'information divine une dizaine de pages plus loin, tel le deus ex machina. Répétez l'exercice 5 fois de suite. Non mais franchement, on a arrêté de lire la collection J'aime lire à l'âge de 7 ans, pas besoin de faire un retour aux sources maintenant. Pour moi, ce bouquin est tout simplement une copie de l'ambiance de Millenium, mais en beaucoup moins réussi. Ah, et l'histoire d'amour complètement bidon! Non, ça suffit, je suis assez dépitée comme ça.
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