Jade from Paris: Tête de Turc in Wonderland

mardi 23 mars 2010

Tête de Turc in Wonderland


C'est LA sortie en salle du moment, j'ai nommé Alice au Pays des Merveilles en 3D, version Tim Burton! J'ai eu la chance d'assister à une avant-première grâce au Club 300 Allociné et contrairement à bien du monde, j'ai beaucoup aimé ce dernier bébé de Disney. Quelques semaines plus tôt, j'avais eu la brillante idée de me pencher sur le livre de Lewis Carroll et bien m'en a pris: même si le film est une suite libre du conte, j'ai eu plaisir à retrouver certains protagonistes d'origine oubliés depuis tout ce temps. Petit loir, lièvre fou, flamants roses et hérissons en matériel de croquet... L'atmosphère du film est cependant bien plus sombre. 13 années ont passé depuis la première visite d'Alice au Pays des Merveilles: mademoiselle a aujourd'hui 19 ans, a un fort esprit critique et doit malheureusement se marier dans les normes du 19e siècle. Mais le lapin blanc apparaît de nouveau, la menant tout droit vers ce territoire à priori imaginaire... La Reine de Coeur y a arraché le pouvoir à sa soeur La Reine Blanche: décapitations abusives, crise de nerfs, paysages apocalyptiques... Alice a été choisie et doit maintenant se battre pour que l'ordre soit rétabli. Ici, point de scénario glauque comme à l'habitude de Tim Burton mais une fresque d'aventures mi-héroïques mi-fantasmagoriques où l'étrange côtoie la bienséance (normal, c'est Disney). Vous avez aimé Le monde de Narnia? Vous aimerez tout autant (comme moi, quoi), bien que certaines scènes un peu plus terrifiantes aient manqué à l'ensemble. Petit bémol cependant pour le personnage du Chapelier fou: les médias nous en on fait tout un plat mais le rôle n'a rien d'exceptionnel. Certes, Johnny Depp y est timbré et pourrait postuler comme sosie officiel de Madonna, mais pas grand chose de plus.
Sortie en salle dès demain!



Tête de Turc, c'est le premier long-métrage de Pascal Elbé (la bombasse). On y retrouve des acteurs qu'il apprécie, comme Roschdy Zem et Simon Abkarian, mais aussi jusqu'alors très discrets ou inconnus, tel Samir Makhlouf, le personnage principal. L'histoire: Simon, médecin urgentiste, se fait attaquer par des jeunes à l'intérieur d'une cité. Son principal agresseur, Bora (et d'origine turque donc), est pris de remords et revient sur les lieux afin de le tirer de sa voiture immolée. Alors que le gouvernement recherche activement ce "bon samaritain" pour lui remettre la Légion d'Honneur, Simon est plongé dans le coma. L'inconnue qu'il devait assister médicalement après son départ de la cité est morte en l'attendant, laissant un mari dépressif et avide de vengeance, tandis que le frère policier de Simon, Atom, ne pense qu'à retrouver les jeunes responsables du lynchage. Ainsi se tissent une multitude de liens entre les protagonistes, désirés ou fruits du hasard, comme si l'absence d'une seule et unique personne pouvait tout chambouler... Je vous avoue avoir eu très peur dès le début de Tête de Turc et ses images choc d'interpellations. "Encore un truc qui descend les cités et ses jeunes", que je me disais, comme si les médias ne le faisaient pas déjà assez. Mais non. On a, à la place, droit à un long-métrage consensuel, qui présente d'une part un médecin qui tente de comprendre ces jeunes et remarque la misère, plus psychologique que matérielle, qui les entoure, et d'autre part un policier confronté à une violence et une haine au quotidien et qui n'y voit aucune solution, à part la violence à nouveau. Dommage que Pascal Elbé n'y transmette aucune opinion personnelle, même si l'intéressé affirme ne pas l'avoir fait car "il y a une incompréhension totale entre les forces de l'ordre et la population des cités". Le réalisateur ne voit donc aucune solution à ces conflits pour le moment, j'en conclue donc que monsieur est naturaliste. Mention spéciale cependant pour la ribambelle d'acteurs parfaitement juste, qui fait fi des origines raciales et n'en ressort que plus convaincante et respectueuse de l'Autre. Roschdy Zem (Marocain) y joue par exemple le rôle d'un Arménien et Ronit Elkabetz (Israélienne) y est Turque (et quelle actrice, juste "wahou"). Un étonnant et agréable parti pris, qui ne comble malheureusement pas le côté consensuel du film dans son ensemble. Mais ça se regarde avec attention, à défaut d'y voir une quelconque conviction. Tans pis, je t'aime quand même, Pascal.
Sortie en salle le 31 mars!

Et parce qu'on n'est rien que des midinettes, nous les filles, voici une petite photo de Pascal Elbé et de Roschdy Zem, rencontrés après la projection de Tête de Turc :)

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