Jade from Paris: Vous recherchez un roman noir?

lundi 9 novembre 2009

Vous recherchez un roman noir?

Ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé de bouquins ici alors que j'ai lu des tas de choses plus ou moins intéressantes. Notamment des romans noirs bien déprimants comme je les aime, mais je ne suis pas folle, vous savez. Voici un petit aperçu de ce qui traîne sur mon bureau, mon piano et mes tabourets!


L'Homme du Lac d'Arnaldur Indridason: top. Dans un lac maintenant vidé de toute son eau, un squelette est retrouvé attaché à un appareil d'écoute soviétique. Espion, ennemi politique ou simple victime? Le maître du polar islandais revient ici sur la douloureuse période de l'après-Seconde Guerre Mondiale, entre étudiants partisans envoyés en Allemagne de l'Est à Leipzig, soulèvements en Hongrie et résistance aussi bien contre le capitalisme que contre le pouvoir en place. A côté de cela, on retrouve avec plaisir l'inspecteur Erlendur, toujours aussi torturé et nonchalant, et ses acolytes Sigurdur Oli et Elinborg. Un très bon roman comme toujours avec Arnaldur Indridason, qui colle parfaitement au 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin et avec en bonus une fin triste et cruelle digne d'une tragédie.


Skin de Mo Hayder: mouais. Après avoir démantelé un trafic vaudou d'organes humains en plein Bristol, Flea et Jack Caffery doivent maintenant enquêter sur la disparition de la femme d'un footballeur, sortie sans autorisation de sa cure de désintoxication, et sur le meurtre d'une mère de famille retrouvée près d'une voix ferrée. Oeuvre d'un détraqué ou nouveau coup d'un membres du fameux trafic sud-africain qui semble avoir échappé à la police? Difficile d'y répondre puisque Mo Hayder s'intéresse plus dans ce roman à ces personnages principaux qu'aux enquêtes en elles-mêmes. Entre le frère alcoolique de Flea, le fantôme prenant constamment Caffery en filature et leurs problèmes personnels, il est impératif d'avoir lu Rituel, le bouquin précédent et d'acheter le prochain puisque presque rien n'est ici résolu. Le dénouement du meurtre de la femme de la voie ferrée est, lui, complètement bâclé et illogique. Quel dommage! Skin est une vraie déception qui mise malheureusement plus sur le gore que sur le fond, contrairement aux autres romans de Mo Hayder.


Au-delà du mal de Shane Stevens: bien. Thomas Bishop est considéré comme fou, fils d'une pauvre fille persuadée d'avoir été abusée par le violeur (qui a vraiment existé) Caryl Chessman. De son enfance, il se souvient surtout des coups de fouet et de sa haine croissante envers les femmes, ce qui l'a d'ailleurs sûrement poussé à tuer sa mère à l'âge de 10 ans. Enfermé depuis 15 ans dans un hôpital psychiatrique de Californie, il parvient à s'en échapper grâce à la présence de Vincent Mungo, "prisonnier" comme lui, qu'il massacrera à la hache après avoir emprunté son identité. Sa mission: continuer la quête misogyne et destructrice de son supposé père Caryl Chessman, mais un cran au-dessus encore. Ni une, ni deux: la presse, la police et les politiciens se mettent à la recherche de ce tueur fou, qui laisse une femme dépecée partout où il passe, autant à Los Angeles qu'à Phoenix ou New-York. Si les pavés ne vous font pas peur, lisez vite ce livre qui, en plus de décrire une enquête palpitante et morbide, est une véritable réflection sur le pouvoir, la liberté d'expression, la peine de mort ou la sécurité au sein des Etats-Unis des 70's. Reste seulement à avoir le coeur bien accroché car c'est très, très cru. Le travail Shane Stevens, aujourd'hui disparu, mérite vraiment d'être reconnu en tout cas.


Monstrueux de Natsuo Kirino: mouais. Yuriko est, comme sa soeur, franco-japonaise mais bien plus jolie, plus femme et déjà très portée sur la chose. A tel point qu'à l'école pour enfants de riches qu'elle fréquente au Japon, la prostitution lui ouvre grand ses portes. Seulement, une vingtaine d'années plus tard, Yuriko est morte, tuée par un clandestin et client chinois. Autour de cette disparition se dresse alors plusieurs portraits, avec toujours en point de mire la personne de Yuriko et sa fascination pour le sexe. On passe alors de son journal intime à celui d'une camarade de classe, Kazue, ayant suivi la voie péripatéticienne par admiration pour son idole, du procès-verbal du meurtrier aux considérations philosophiques et vieux jeu de la soeur aînée. Les vies se croisent, se gâchent et se détachent et ce livre aurait très bien pu s'intituler Journal d'une prostituée japonaise tant le sujet est abordé, et au point que c'en devient peu intéressant. La critique de l'élite, dont sont issus presque tous les protagonistes, et du système élitiste japonais est tout de même présente mais malheureusement trop discrète. Déception ici aussi, alors que la presse en disait beaucoup de bien.

Je pourrais aussi vous parler du Dahlia noir de James Ellroy (top), de Monestarium d'Andrea H. Japp (nul) ou du Violon d'Hitler d'Igal Shamir (ridicule et communautariste à souhait) mais ce serait bien trop long. Mes prochaines lectures: Histoire de Lisey de Stephen King et Tijuana mon amour de James Ellroy, j'ai hâte.
Et vous, qu'est-ce que vous lisez en ce moment?
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