Jade from Paris: Beijing: la Colline de Charbon

lundi 21 septembre 2009

Beijing: la Colline de Charbon


La Colline de Charbon se trouve juste en face de la Porte de la Fierté Divine de la Cité Interdite. Construite en 1420 sous la dynastie des Liao et des Jin, elle ne recouvre pas moins de 23 hectares et s'élève jusqu'à 110 mètres de haut. La ville de Pékin n'ayant pas énormément de reliefs, l'existence de ce haut morceau de terre peut surprendre. Il s'agit en fait d'une colline artificielle, formée grâce à la terre extraite du sol à l'époque afin de construire des douves et des lacs. En théorie, elle protégeait la Cité Interdite des mauvais esprits mais en pratique, c'était surtout une barrière optimale et "naturelle" contre les tempêtes de sable venues du Nord. En 1751, sous le règne des Qing, la Colline de Charbon connaîtra quelques travaux comme la construction de 5 pavillons permettant d'admirer toute la ville (je rappelle que l'entrée Sud de la Cité Interdite était à la frontière du Pékin de l'époque). L'empereur pouvait donc jouir de ce parc un peu spécial, aujourd'hui encore considéré comme l'un des plus beaux espaces naturels de la ville. Le nom actuel de cette endroit est d'ailleurs "Jingshan", littéralement la "Colline Verdoyante".


Et en effet, la colline et son parc regorgent d'arbres et de plantes en tout genre. Dès l'entrée, des dizaines de bonzaïs sont présentés, tout comme des nénuphars ou des énormes potagers aux espèces inconnues. Les visiteurs viennent de tout Pékin: enfants et leurs parents, touristes, personnes âgées... En parlant de pépés et de mémés, il faut savoir que ces derniers sont bien plus actifs que la moyenne française, sportivement parlant. Ils se lèvent à 5h du matin, se réunissent pour danser, font du taiji chuan, poussent tout le monde dans les transports en commun et font même de la gymnastique! Ce n'est donc pas surprenant d'en croiser dans le parc, en train de jouer au foot entre amis ou de faire le tour du propriétaire pour la sixième fois de suite.


Qui dit "colline" dit "hauteur", alors c'est parti pour l'escalade. Et permettez-moi de vous dire que les 100 mètres sont difficiles à parcourir lorsque ça monte aussi sèchement. La disposition des pavillons est simple: un sur chaque point cardinal et le dernier au centre, sur le point culminant de la montagne (le pavillon Wanchun). Au centre de chacun se trouve une haute plaque de pierre, ancien socle de statues de bouddhas malheureusement pillées au début du 20e siècle par des collectionneurs étrangers (et encore, ça n'est rien comparé à d'autres lieux historiques que j'ai pu visiter). Arrivé au niveau de ces pavillons traditionnels d'environ 14 mètres de haut, il est possible de s'asseoir, souffler un peu mais surtout admirer la vue! Les remparts de la Cité Interdite s'élèvent devant vos yeux, tout comme le Parc Baihai et sa tour blanche à la forme étrange. Par malchance, le ciel était loin d'être dégagé et la brume omniprésente: pas moyen de voir plus loin que 500 mètres. Du coup, je me suis rabattue sur les petits stands de breloques, leurs grigris mais aussi leurs chapeaux de mandarins. Comment ça, j'ai l'air épuisé? La chaleur et moi... Rien de tel qu'une petite glace au lait de vache, mon péché mignon, pour se rafraîchir en se donnant bonne conscience. Et après cette pause contemplative, vous pouvez visiter les nombreux coins de verdure restants ou repartir vers les petites rues pékinoises, à la recherche d'une soupe de nouilles ou de brochettes d'agneau...


La Colline de Charbon est donc un endroit très agréable à visiter, malgré la chaleur et le nombre de visiteurs: le parc est tellement grand qu'il est en fait possible de se relaxer en pleine nature sans pour autant être dérangé par les voisins. Le must reste bien sûr la vue depuis les pavillons et l'impression de se trouver au-dessus de la brume, entre une forêt bien verte et le roc de ces lieux construits depuis tant de siècles. L'Histoire, quelle qu'elle soit, ne fait apparemment pas fuir les visiteurs: en 1644, l'empereur Chongzhen se suicida à même la colline devant les menaces paysannes et mandchoues, mettant ainsi un terme à la dynastie des Ming (non non, l'Histoire chinoise n'est pas du tout compliquée...). Le caroubier auquel il s'est pendu est d'ailleurs toujours visible, comme quoi il n'y a pas que la pierre qui perdure...

A bientôt et, comme le dit le panneau situé à la sortie de la Colline de Charbon, "come again, please!" pour le prochain épisode. Au programme: le Palais d'Eté :)
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