Jade from Paris: The Dead Sexy Inc: l'interview ultime

mardi 14 juillet 2009

The Dead Sexy Inc: l'interview ultime


Je vous ai déjà parlé du groupe The Dead Sexy Inc., gros coup de coeur musical ultra-dynamique, un peu barré mais surtout très sympa. Les intéressés décrivent leur musique comme du "frenchelectropunksuperchicborntoloserawpower69" mais on va dire que c'est du punk-électro-rock car on me dit dans mon oreillette que l'autre mot n'existe pas dans le Larousse 2009. Ceux qui n'avaient rien suivi à ma déclaration d'amour peuvent se rattraper ici mais je récapitule tout de même: le groupe se compose, de gauche à droite par rapport à la photo ci-dessus, d'Alexis ou Alex6 (voix/batterie), Stéphane ou Stéphane H ou Step (voix/guitare) et Emmanuel alias Emmanuelle (voix/guitare). Et il se trouve que les messieurs ont accepté de répondre aux questions qui me taraudaient, entre deux concerts et divers voyages (les enfoirés), ce qui est plutôt gentil, je tiens à le dire. Admirez mes talents dignes de Claire Chazal et viendez donc aux prochains concerts de The Dead Sexy Inc. à la Scène Bastille le 26 septembre et au Nouveau Casino le 3 décembre si ça vous chante!


Avant de former The Dead Sexy Inc, vous travailliez déjà tous les trois dans le milieu artistique et continuez d'ailleurs d'exercer des activités chacun de votre côté. Rapidement, quels ont été vos parcours?
Alex6: J'ai été batteur de Lycosia pendant plus de 10 ans avant de jouer avec Dead Sexy Inc. J'ai produit les 4 albums et toutes les tournées sur mon label Araknid Records. Une bonne première expérience... Ensuite avec Dead Sexy et, de fil en aiguille, j'ai commencé à jouer avec d'autres groupes : Pravda, Toxic Sonic... Dernièrement, j'ai enregistré les batteries de Mignon, une fille de Berlin -electro-hard rock 80's-. Genre Alice Cooper en meuf ! C'est fun !

Stéphane H: J'ai commencé la musique à 14 ans avec un groupe de hard rock, j'ai été rédacteur en chef du magazine Rage en parallèle de mon travail avec divers groupes industriels. Je suis passé à la réalisation et à la photographie et j'ai suivi un chanteur australien aux Etats-Unis. C'est là que j'ai commencé Dead sexy Inc. avec Emmanuel. Maintenant, je fais de la scène, je sors des livres et j'ai divers projets avec d'autres artistes multimédias.

Emmanuelle: J'ai fait mon premier concert à 13 ans avec mon premier groupe, Les Tétines Noires, avec lequel j'ai enregistré 3 albums et fait de nombreux concerts. Puis le groupe s'est mué en LTNO... 2 autres albums... J'ai aussi un projet solo plus expérimental, Electronica EHB. Enfin, je joue de la basse dans un autre groupe, Post Gods, projet initié par l'artiste plasticien David Michael Clarck. Tous mes projets, à part mon activité de DJ, ont toujours eu des liens étroits avec le monde des arts plastiques, sous diverses formes de collaboration. Mais j'ai choisi la musique pour m'exprimer. J'aime le fait qu'elle soit un mélange de réflexion et de spontanéité. La montée d'adrénaline lorsque l'on monte sur scène est un moment unique et irremplaçable.

Quand vous êtes-vous rencontrés et comment avez-vous décidé de former le groupe?
Alex6: J'ai rencontré Step à la sortie de L'Elysée Montmartre, il faisait hyper-froid. Je savais que DSI était basé à L.A... Je lui ai demandé s'ils n'avaient pas besoin d'un batteur là-bas, c'était pour moi un bon moyen de me réchauffer gratos! Quand je suis arrivé à L.A, Step et Manue était en Bretagne... Il y a eu un petit problème de timing!

Stéphane H: Comme je le disais, Emmanuel et moi, on a formé DSI à L.A, sur une demande de Régis Clinquart qui avait besoin d'une musique pour son premier court-métrage. Ensuite, on a fait la tournée des bars, des clubs de Hollywood, on a fait des remixes et quand il a fallu faire les rock'n'roll animals sur scène on a tout de suite pensé à Alex6.

Emmanuelle: On avait déménagé, Stéphane et moi, à L.A, on était dans le même appartement, chacun faisant de la musique de son côté. C'était plutôt naturel de commencer un truc ensemble, pour le fun. C'est devenu un vrai groupe avec l'arrivée d'Alexis lorsque l'on a commencé à faire des concerts.


Un premier album en 2004, un deuxième en 2008. A quand le prochain? Plus électro comme Break me ou plutôt rock comme Kamikaze?
Alex6
: DSI tourne beaucoup. C'est important de confronter les titres à la scène ou dans une cave avant de les enregistrer. Un même titre peut avoir tellement d'énergies différentes, l'énergie du live est pure. Ce serait bien que l'on arrive à capter ça sur le prochain disque...

Stéphane H: Je suis d'accord, je pense qu'on est dans une période où il faut capter les gens par l'énergie du live. Alors le raw power s'impose, mais l'électronique nous va bien aussi, mais plus Peaches que Justice. Le disque sera juste plus radical, je pense.

Emmanuelle: En 2010, c'est sûr. Il y a eu pas mal de temps entre Break me et Kamikaze, mais nous avons réalisé un film pendant cette periode (un road movie aux USA co-produit pas Agnès B, We had a dream), une compil' DJ, Mix Shake, pour Universal, j'ai sorti un album et tourné avec LTNO, nous avons déménagé: L.A, New York. Puis Stéphane est rentré à Paris, moi parti à Berlin... Nous avons aussi chacun d'autres activités.

Vous avez toujours été bien entourés (Paul Kendall, Nicola Sirkis, Maurice G. Dantec...), avec qui aimeriez-vous travailler désormais?
Stéphane H : On n'a pas d'idées précises, mais un autre japonais comme Rolly qui reprend le Rocky Horror Picture Show à Tokyo ou un solo de violon par Kokusyoku Sumire... Moi j'ai contacté deux de mes héros d'enfance pour leur proposer la collaboration, on verra. Rien n'est vraiment décidé. Régis Clinquart nous a écrit un texte, j'espère que Julien Doré ne va pas nous en proposer un...

Emmanuelle: Cela se fait plutôt au hasard des rencontres, pas vraiment prémédité.

Vous dîtes que The Dead Sexy Inc est avant tout un état d'esprit, sexuellement ambigu et nocturne, qui ne se résume pas à des titres sur un CD. Quel message avez-vous voulu/voulez-vous faire passer à travers votre musique?
Alex6: Oui c'est un état d'esprit : les concerts, la fête et tout et tout, mais on n'a pas particulièrement de "message" à faire passer, enfin je ne pense pas... Pour moi, DSI c'est quelque chose entre l'égotrip, la recherche d'une vibration rock et une attitude désinvolte... Certains aiment bien parce que ça peut être fascinant, d'autres pensent qu'on est totalement à l'ouest... Moi si je fais du rock c'est que tout le reste a tendance à vite m'ennuyer... Je ne cherche pas midi à 14h. Le rock est simple, c'est pour ca que c'est cool.

Stéphane H: Pour moi le message est partout. J'écris souvent par métaphore, les gens y trouvent ce qu'ils veulent, l'important c'est que de petites histoires puissent permettre à la personne qui écoute d'y retrouver la sienne. Je suis comme Alex6, je pense qu'on lutte contre l'ennui, l'intolérance, la politique de la tête dans le sable et du ventre mou. Avec des petites histoires de rock'n'roll, d'amour, de sexe et de débauche.

Emmanuelle: Notre musique est hybride, transgenre, c'est notre activité générale qui parle d'elle-même. Je me suis toujours méfié des groupes à messages trop directs, des donneurs de leçons morales et politiques. Souvent les premiers à retourner leur veste.

Un (ou trois?) dernier mot pour la fin?
Stéphane H: NEVER GIVE UP!
Emmanuelle: Let It Rock!


Et un petit clip pour finir (adeptes du bondage, bonjour!), en espérant que cet intermède culturel et musical vous ait plu :)


Afterhours, Dead Sexy Inc, J. Rescigno
par Jonathan_Rescigno
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