Jade from Paris: C'est le vent Betty

mercredi 3 juin 2009

C'est le vent Betty


Depuis le temps que je me disais que j'allais le faire, j'ai enfin regardé 37,2 le matin de Jean-Jacques Beineix! Ce n'était pourtant pas faute d'essayer, la Fnac était toujours en rupture de stock à chacun de mes passages. Anne Claire avait même proposé de me prêter le DVD mais je n'avais pas osé lui en reparler. Bref, par un samedi matin pluvieux, mon professeur de piano m'a offert le film puisque j'étais infoutue de le trouver par moi-même. M'enfin faut pas pousser, je n'étais même pas née lors de sa sortie au cinéma en 1986 (la vieille excuse). Il n'empêche que je suis ressortie perplexe de mon visionnage. Pour tout vous dire, je savais uniquement qu'on y parlait d'une nénette voulant un enfant et ne m'attendais donc pas vraiment à suivre le périple du couple Zorg-Betty dans plusieurs régions jusqu'à son éclatement, et le fameux roman du monsieur. Les images ne sont pas spécialement fabuleuses, certaines scènes semblent sorties de nulle part, Béatrice Dalle fait parfois très peur ou très cruche dans son rôle de fille folle mais libérée et j'ai souvent eu l'impression de regarder une parodie vieillie, dotée de protaganistes et d'une trame irréalistes. Sauf que le tout ressort paradoxalement très bien, grâce à des acteurs convaincants et très drôles dans des rôles décalés, et surtout la bande-originale de Gabriel Yared, juste sublime et si simple. Oui, je crois bien que le film m'a plu parce qu'il est terriblement poétique dans sa simplicité. On peut d'ailleurs se demander si Beineix n'avait pas également misé sur cet argument au niveau du stylisme puisqu'on a vue sur la bistouquette de Jean-Hugues Anglade et les miches de Béatrice Dalle (mais pas que) pendant de longues minutes (les fans en sont ravis).


Bref, pourquoi je vous en parle? Parce que je suis en ce moment en train de lire le roman dont est tiré le film, signé Philippe Djian, et j'ai beaucoup de mal à accrocher. La voix de Jean-Hugues Anglade résonne à mon oreille à chaque mot de Zorg, la grande bouche de Betty m'apparaît dès qu'elle pète ses câbles, Lisa, Eddie et Bongo sont eux aussi de la partie mais je ne retrouve pas la même poésie que dans le film, malgré l'inspiration et les répliques identiques. Et puis Djian... Après la lecture du pénible Impardonnables, on ne pourra au moins pas dire que je n'ai pas essayé d'aimer le style.
Et pour le plaisir, parce que je la trouve triste mais vraiment très belle, voici la scène finale du film (larmichette assurée). Pour vous ressituer le tout, Betty est devenue (encore plus) folle en apprenant qu'elle n'est pas enceinte et s'arrache un oeil; elle est internée et Zorg décide de mettre fin à ses souffrances, avant de lui même devenir fou. Même que je joue au piano la mélodie, C'est le vent Betty mais qu'il y a plein d'autres jolis morceaux, comme Maudits manèges, Betty et Zorg ou Des orages pour la nuit.

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