Jade from Paris: From anxiety to destroyed jeans

mercredi 20 mai 2009

From anxiety to destroyed jeans

On connaît tous la crise de la quarantaine, pour l'avoir entendue, vue, vécue ou les trois ensemble. Je peux vous dire qu'il existe également une crise de la pré-vingtaine, insupportable, angoissante et palpable au quotidien. Le 16 juillet prochain, j'aurai 20 ans et j'ai peur. Peur de passer le cap d'une décennie décisive, peur de devoir enfin prendre mes responsabilités, peur de faire les mauvais choix, peur de ne plus pouvoir revenir sur des décisions à moins de faire souffrir des gens autour de moi. Cet âge rond que j'attendais tant il y a de cela quelques années, pour le permis, pour l'indépendance, pour les fiestas, ne me fait plus tant envie maintenant. Pour d'obscures raisons, je vois la vingtaine avec des yeux d'ancienne (boulot, mariage, appartement, enfants) alors que la société actuelle et la jurisprudence quotidienne font pourtant patienter tout ça encore une bonne dizaine d'années. Pas envie de penser à l'avenir de mon couple, pas envie d'imaginer le visage qu'auront peut-être un jour mes enfants: je ne veux que penser à l'instant présent, au risque d'angoisser encore plus.
Alors je traverse une période plutôt étrange depuis quelques temps, un jour merveilleuse, le lendemain misérable, entre rires et crises de nerfs, sans oublier les partiels qui approchent et ne m'aident pas vraiment. Au point de pleurer pour un bubble-tea pas réussi, de m'énerver quand mon chéri me pose des questions trop insistantes et personnelles, de fondre en larmes en m'imaginant coincée dans un carcan social. J'ai de plus en plus besoin de me retrouver seule, cernée par le silence, et il me vient même parfois à l'idée de tout plaquer, histoire de commencer cette nouvelle décennie à partir de rien, du néant mais certainement de gros remords. Et l'angoisse me donne envie de m'affirmer, de dire "Bye bye" à la gentille et fraîche jeune fille bien élevée qui n'ose pas ouvrir la bouche de peur de vexer quelqu'un. Oui, ça m'emmerde de vous donner ma place dans le bus, mamie Huguette; non, je n'ai pas envie de rendre un service, d'écouter les problèmes d'une connaissance, de sourire alors que je m'ennuie à mourir et que mon interlocuteur a trop forcé sur l'oignon à midi. Et je veux hurler au monde entier que personne dans mon entourage ne veut bien aller avec moi au concert d'Indochine au Stade de France, alors que chanter à tue-tête Les yeux noirs me ferait le plus grand bien.
Je ne suis pas atteinte d'une maladie orpheline, je n'ai pas une jambe en moins, je ne suis pas sans domicile fixe, je ne suis pas née au Yémen, je n'ai pas été violée par un pervers sexuel et encore moins par une personne de mon entourage, je n'ai pas été mariée de force à un inconnu, je n'ai jamais fait la guerre ni tué personne. Comme quoi, quand c'est dans la tête, il suffit de pas grand-chose pour se saper le moral.

Si vous aussi vous traversez une période difficile de ce genre, voici une minime solution qui n'a pas encore vraiment porté ses fruits cependant: faire les boutiques. Plus c'est voyant, mieux c'est (ça change les idées). Un exemple d'achat sous vos yeux ébahis: le jean reboulé troué un peu partout, acheté en l'état chez Zara. Dans la rue, les gens me regardent comme si j'étais une anarchiste prête à poser une bombe, c'est sympa.

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