Jade from Paris: Waltz with Bashir

lundi 6 avril 2009

Waltz with Bashir


A défaut de me jeter sur la bande-dessinée, j'ai finalement découvert la version animée de Valse avec Bachir de l'Israëlien Ari Folman. Ce documentaire, reprenant les mêmes illustrations nettes et modernes, nous plonge dans le Liban des années 80 en pleine guerre contre Israël. C'est à cet époque que l'auteur entre dans l'armée de son pays, avec pour but d'éradiquer les terroristes de l'OLP présents sur le territoire voisin. Seul problème: vingt ans après, un seul et unique souvenir du conflit lui revient en mémoire. Il décide alors de retrouver ses anciens camarades de l'armée et ainsi tenter d'éclaircir ses pensées, tandis que son souvenir n'est remis dans son contexte qu'aux dernières minutes du film, insoutenables, choquantes, révoltantes. J'ai franchement honte de ne pas m'être renseignée plus tôt sur la première guerre du Liban; pire: j'ignorais tout des massacres de Sabra et Chatila. Et c'est avec des images proches de la photographie, un terrible humour noir et la voix-off de l'auteur que l'horreur prend forme, montant crescendo jusqu'au dénouement final. La musique joue d'ailleurs un rôle très important, entre instruments à vent et morceaux émouvants (signés Max Richter) reflétant les souvenirs et de bons gros tubes pop-rock (dont le génial Enola Gay) opposant l'insouciance des jeunes Israëlites, la vie qui continue pendant que des soldats se font la guerre un peu plus loin. Bref, Valse avec Bachir est un film dur et très touchant que je conseille à tout le monde car, outre le difficile et crucial contexte historique de l'époque, il est porteur d'un véritable message de paix.
Au point parfois de nous faire avaler de travers, comme lorsqu'Ari Foldman, en interview après la première en Israël, affirme être heureux que le film n'ait "pas été perçu par les spectacteurs comme quelque chose de politique (!) mais comme une expérience personnelle". Régalez-vous donc un peu plus grâce aux 10 planches de B.D offertes dans l'édition collector du DVD mais zappez vite les nombreuses (et longues) interviews du réalisateur, au risque de voir rouge comme moi. Et pour information: j'ai pleuré, hum.


Merci à Chez-les-filles et aux Editions Montparnasse!
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