Jade from Paris: Vernis prune et connerie féminine

vendredi 20 février 2009

Vernis prune et connerie féminine


Un midi, j'ai accompagné mon chéri au lancement presse de nouveaux petits biscuits chocolatés (fort délicieux au passage). Cela se passait dans un loft du 16e arrondissement, avec conférence de presse, vente privée de créateurs mais aussi ateliers maquillage, manucure et massage. Super logique lorsqu'il s'agit de gâteaux, mais les organisateurs avaient apparemment pensé à tout pour satisfaire l'esprit du public journaliste à 90% féminin. Sauf peut-être à leur prétention et à leur bêtise, qui font que 5 différentes activités ne sont pas suffisantes dans un même lieu. Disons pour leur défense que se retrouver rive droite leur aura fait germer des graines de melon dans la tête, les pauvres. Devant l'état catastrophique de mes ongles rongés, je décide de participer à l'atelier manucure, c'est-à-dire de me faire chouchouter et masser les cuticules les doigts de pieds en éventail pendant que mon amoureux m'attend dans la pièce d'à côté. Je me rends soudain compte que 3 personnes se sont déjà "inscrites" avant moi, alors je patiente... Je patiente... Je patiente vu que cela prend du temps. Au point que j'ai carrément le temps de passer à l'atelier maquillage et de me faire une beauté, avec au passage les commentaires d'une journaliste sur les biscuits et sur son livre gé-niaaal plein de recettes de macarons qu'elle a imaginé avec son fils, oh qu'il est beau mon fils, et sur le film LOL qui illustre parfaitement les relations mère-enfants (euh...). Et vas-y que je te tutoie, et vas-y que je parle fort, et vas-y que je reparle de mon livre. Mais à quand un bouquin sur les boules Quies, madame?
J'oublie entre temps de retourner voir la dame de l'atelier manucure dans la pièce d'à côté et je me fais piquer ma place. Ma mission, désormais: rappeler à l'autre que j'ai pointé il y a 1h30, puisqu'elle n'a pas l'air vraiment au point niveau physionomie. Après avoir tant patienté, ce serait tout de même bête de repartir après...rien, non? Vient enfin mon tour, après celle qui m'a doublée donc, mais apparaît déjà une grande brune à lunettes qui me regarde de haut en bas tout en demandant à la manucure pourquoi ce n'est pas à elle de s'asseoir maintenant. "J'attends depuis tout à l'heure", lui dis-je; "Ah bon, et bien c'est étonnant", grogne-t'elle, pour repartir aussitôt en tapant des talons sur le sol carrelé. Euh pétasse, tu cherches la guerre? C'est parce que, en plus d'être conne, tu n'es sacrément pas aidée par la nature que tu es si hargneuse? Après 2h d'attente, je commence à faire une overdose de ce semblant de Neuilly-sur-Seine et de stars du journalisme à deux balles. Stars journalistes peut-être, mais apparemment pas assez riche pour se payer une manucure dans un vrai institut hinhin.
Je m'installe enfin devant la table et tous ses barbares objets, et commence à parler avec la dame pour combler les blancs. En apprenant que je suis bloggeuse, elle me demande "Et on gagne bien sa vie, avec les blogs?". Et la marque de mes tampons, ça t'intéresse aussi? J'étais déjà soûlée et fatiguée, mais je crois bien que cet atelier, douloureux et pas vraiment intéressant au final, m'a achevée. Genre pas moyen de vraiment savoir quelles marques de vernis sont à recommander, pas moyen de savoir où trouver un stylo-dissolvant parce que c'est un produit professionel, voyez-vous (d'ailleurs retrouvé aujourd'hui chez Sephora), j'avais l'impression d'être en séance de maquillage au Printemps de la Beauté, c'est vous dire l'ambiance détendue. Et intrusive l'ambiance, sinon c'est moins drôle. Je suis quand même ressortie de l'atelier avec un vernis prune sur mes ongles, que j'ai malheureusement scratché contre un des murs blancs du loft alors qu'il n'était pas encore sec.
Moralité: trop de connasses rencontrées en une journée ne vous aide pas à garder votre vernis à ongles plus de 3 minutes et 26 secondes.
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