Jade from Paris: Qui de nous deux...

samedi 7 juin 2008

Qui de nous deux...


Les critiques littéraires l'ont qualifié de "thriller le plus étonnant [...] lu depuis longtemps" (Morning Star) ou de "roman [devenant vite] une obsession" (The Guardian). Rien qu'avec ça, on nous promet des monts et merveilles au royaume du polar... Pourtant, Un sur deux de Steve Mosby se lit agréablement vite et fait parfois frissonner, mais c'est tout. La comparaison sur sa quatrième de couverture avec Seven et Saw est donc vraiment exagérée: point de gore ni de sang, et pas plus de cinq victimes... L'histoire? En Grande-Bretagne, un tueur en série agit de manière particulière: il ne vise que les couples et souhaite jouer avec l'amour. Au terme d'une nuit de souffrance pour les conjoints et de jouissance pour l'homme qui les séquestre, un seul des deux amoureux est épargné, l'autre ayant décidé de se sacrifier ou le survivant ayant tout bêtement décidé de sauver sa peau et d'abandonner son âme soeur... Vous vous doutez bien qu'une personne en couple aura du mal à lire certains passages; au fil des pages, je me suis moi-même posé les mêmes questions que les victimes: que suis-je capable de supporter pour sauver la vie de Chéri? Devant la mort, ne préférerait-il pas garder la vie sauve? Et si l'un d'entre nous devait se sacrifier, le choix serait-il le même des deux côtés? Oui je sais, je me suis un peu retourné le cerveau pour peu de choses, étant donné qu'on ne se fait pas kidnapper par un détraqué sexuel et mental en même temps que son conjoint tous les jours. Mais qui ne s'est jamais demandé quelles étaient ses propres limites à l'amour? Personne? Ah ;) C'est peut-être parce que l'imaginaire que procure un livre me rend toute chose!
A part ces réflections existencielles, j'ai bien aimé l'alternance entre les différents points de vue à chaque chapitre à la Mary Higgins Clark, très pratique pour ne pas se lasser d'un unique narrateur, mais on a du mal à croire que tous les évènements ne se déroulent qu'en une seule journée. Quant aux personnages dits "héroïques", on peine à s'attacher à eux: les flics torturés dans leur for intérieur et qui ne s'entendent pas bien entre eux font très clichés, malgré les efforts de l'auteur pour noircir un peu l'image de la police et de ses inspecteurs. Par contre, le retournement final est plutôt bien pensé et laisse pantois et dubitatif comme il faut! Dommage que tout le roman ne suive pas ce même rythme, car certains passages traînent vraiment en longueur... Bref, Un sur deux se lit et on n'a pas besoin d'être payé pour se plonger dedans non plus, mais j'ai tout de même lu des thrillers plus poignants, comme par exemple Tokyo de Mo Hayder ou la Femme du Monstre de Jacques Expert (un roman français, oui oui!).
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...